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Album : Midi 20
Artiste: Grand Corps Malade [1] Le Jour Se Lève [2] Saint-Denis [3] Je Dors Sur Mes 2 Oreilles [4] Midi 20 [5] Ca Peut Chémar [6] 6ème Sens [7] Je Connaissais Pas Paris Le Ma... [8] Chercheur De Phases [9] Paroles Du Bout Du Monde [10] Attentat Verbal [11] Les Voyages En Train [12] J'Ai Oublié [13] Vu De Ma Fenêtre [14] Rencontres [15] Ma Tête, Mon Coeur [16] Toucher L'Instant J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis Prends la ligne D du RER et erre dans les rues sévères d’une ville pleine de caractère Prends la ligne 13 du métro et va bouffer au McDo ou dans les bistrots d’une ville pleine de bonnes gos et de gros clandos Si t’aimes voyager, prends le tramway et va au marché. En une heure, tu traverseras Alger et Tanger. Tu verras des Yougos et des Roms, et puis j’t’emmènerais à Lisbonne Et à 2 pas de New-Deli et de Karashi (t’as vu j’ai révisé ma géographie), j’t’emmènerai bouffer du Mafé à Bamako et à Yamoussoukro Et si tu préfères, on ira juste derrière manger une crêpe là où ça sent Quimper et où ça a un petit air de Finistère Et puis en repassant par Tizi-Ouzou, on finira aux Antilles, là où il y a des grosses re-noi qui font « Pchit, toi aussi kaou ka fé la ma fille ! » Au marché de Saint-Denis, faut que tu sois sique-phy. Si t’aimes pas être bousculé tu devras rester zen Mais sûr que tu prendras des accents plein les tympans et des odeurs plein le zen Après le marché on ira ché-mar rue de la République, le sanctuaire des magasins pas chers La rue préférée des petites rebeus bien sapées aux petits talons et aux cheveux blonds peroxydés Devant les magasins de zouk, je t’apprendrai la danse. Si on va à la Poste j’t’enseignerai la patience… La rue de la République mène à la Basilique où sont enterré tous les rois de France, tu dois le savoir ! Après Géographie, petite leçon d’histoire Derrière ce bâtiment monumental, j’t’emmène au bout de la ruelle, dans un petit lieu plus convivial, bienvenu au Café Culturel On y va pour discuter, pour boire, ou jouer aux dames. Certains vendredi soir, y’a même des soirées Slam Si tu veux bouffer pour 3 fois rien, j’connais bien tous les petits coins un peu poisseux On y retrouvera tous les vauriens, toute la jet-set des aristocrasseux Le soir, y’a pas grand chose à faire, y’a pas grand chose d’ouvert A part le cinéma du Stade, où les mecs viennent en bande : bienvenue à Caillera-Land Ceux qui sont là rêvent de dire un jour « je pèse ! » et connaissent mieux Kool Shen sous le nom de Bruno Lopez C’est pas une ville toute rose mais c’est une ville vivante. Il s’passe toujours quelqu’chose, pour moi elle est kiffante J’connais bien ses rouages, j’connais bien ses virages, y’a tout le temps du passage, y’a plein d’enfants pas sages, j’veux écrire une belle page, ville aux cent mille visages, St-Denis-centre mon village J’ai 93200 raisons de te faire connaître cette agglomération. Et t’as autant de façons de découvrir toutes ses attractions. A cette putain de cité j’suis plus qu’attaché, même si j’ai envie de mettre des taquets aux arracheurs de portables de la Place du Caquet St-Denis ville sans égal, St-Denis ma capitale, St-Denis ville peu banale.. où à Carrefour tu peux même acheter de la choucroute Hallal ! Ici on est fier d’être dyonisiens, j’espère que j’t’ai convaincu. Et si tu m’traites de parisien, j’t’enfonce ma béquille dans l’… J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis. Je suis né tôt ce matin, juste avant que le soleil comprenne Qu’il va falloir qu’il se lève et qu’il prenne son petit crème Je suis né tôt ce matin, entouré de plein de gens bien Qui me regardent un peu chelou et qui m’appellent Fabien Quand le soleil apparaît j’essaie de réaliser ce qu’il se passe Je tente de comprendre le temps et j’analyse mon espace Il est 7 heures du mat’ sur l’horloge de mon existence Je regarde la petite aiguille et j’imagine son importance Pas de temps à perdre ce matin, je commence par l’alphabet Y’a plein de choses à apprendre si tu veux pas finir tebê C’est sûr, je serais pas un génie mais ça va y’a pire Sur les coups de 7 heures et demie j’ai appris à lire et à écrire La journée commence bien, il fait beau et je suis content Je reçois plein d’affection et je comprends que c’est important Il est bientôt 9 heures et demie et j’aborde l’adolescence En pleine forme, plein d’envie et juste ce qu’il faut d’insouciance Je commence à me la raconter, j’ai plein de potes et je me sens fort Je garde un peu de temps pour les meufs quand je suis pas en train de faire du sport Emploi du temps bien rempli, et je suis à la bourre pour mes rencards Putain la vie passe trop vite, il est déjà 11 heures moins le quart Celui qui veut me viser, je lui conseille de changer de cible Me toucher est impossible, à 11 heures je me sens invincible Il fait chaud, tout me sourit, il manquait plus que je sois amoureux C’est arrivé sans prévenir sur les coups d’11 heures moins 2 Mais tout à coup, alors que dans le ciel, y’avait pas un seul nuage A éclaté au-dessus de moi un intolérable orage Il est 11 heures 08 quand ma journée prend un virage Pour le moins inattendu alors je tourne mais j’ai la rage Je me suis pris un éclair comme un coup d’électricité Je me suis relevé mais j’ai laissé un peu de mobilité Mes tablettes de chocolat sont devenues de la marmelade Je me suis fait à tout ça, appelez moi Grand Corps Malade Cette fin de matinée est tout sauf une récréation A 11 heures 20 je dois faire preuve d’une bonne dose d’adaptation Je passe beaucoup moins de temps à me balader rue de la Rép’ Et j’apprends à remplir les papiers de la Cotorep J’ai pas que des séquelles physiques, je vais pas faire le tho-my Mais y’a des cicatrices plus profondes qu’une trachéotomie J’ai eu de la chance je suis pas passé très loin de l’échec et mat Mais j’avoue que j’ai encore souvent la nostalgie de 10 heures du mat’ A midi moins le quart, j’ai pris mon stylo bleu foncé J’ai compris que lui et ma béquille pouvaient me faire avancer J’ai posé des mots sur tout ce que j’avais dans le bide J’ai posé des mots et j’ai fait plus que combler le vide J’ai été bien accueilli dans le cercle des poètes du bitume Et dans l’obscurité, j’avance au clair de ma plume J’ai assommé ma pudeur, j’ai assumé mes ardeurs Et j’ai slamé mes joies, mes peines, mes envies et mes erreurs Il est midi 19 à l’heure où j’écris ce con d’texte Je vous ai décrit ma matinée pour que vous sachiez le contexte Car si la journée finit à minuit, il me reste quand même pas mal de temps J’ai encore tout l’après-midi pour faire des trucs importants C’est vrai que la vie est rarement un roman en 18 tomes Toutes les bonnes choses ont une fin, on ne repousse pas l’ultimatum Alors je vais profiter de tous les moments qui me séparent de la chute Je vais croquer dans chaque instant, je ne dois pas perdre une minute Il me reste tellement de choses à faire que j’en ai presque le vertige Je voudrais être encore un enfant mais j’ai déjà 28 pijes Alors je vais faire ce qu’il faut pour que mes espoirs ne restent pas vains D’ailleurs je vous laisse, là c’est chaud, il est déjà midi 20. J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train, Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins, Le grand amour change forcément ton comportement, Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage, Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bât de l'aile, Et le train ralentit et c'est déjà la fin de ton histoire, C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train, Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train, Il est facile de prendre un train encore faut il prendre le bon, Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grèves, Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois, Il parait que les voyages en train finissent mal en général, Le corps humain est un royaume ou chaque organe veut être le roi Il y a chez l'homme 3 leaders qui essayent d'imposer leur loi Cette lutte permanente est la plus grosse source d'embrouille Elle oppose depuis toujours la tête, le coeur et les couilles Que les demoiselles nous excusent si on fait des trucs chelous Si un jour on est des agneaux et qu'le lendemain on est des loups C'est à cause de c'combat qui s'agite dans notre corps La tête, le coeur, les couilles discutent mais ils sont jamais d'accords Mon coeur est une vraie éponge, toujours prêt à s'ouvrir Mais ma tête est un soldat qui s'laisse rarement attendrir Mes couilles sont motivées, elles aimeraient bien pé-cho cette brune Mais y'en a une qui veut pas, putain ma tête me casse les burnes Ma tête a dit a mon coeur qu'elle s'en battait les couilles Si mes couilles avaient mal au coeur et qu'ça créait des embrouilles Mais mes couilles ont entendu et disent à ma tête qu'elle a pas d'coeur Et comme mon coeur n'a pas d'couilles, ma tête n'est pas prête d'avoir peur Moi mes couilles sont têtes en l'air et ont un coeur d'artichot Et quand mon coeur perd la tête, mes couilles restent bien au chaud Et si ma tête part en couilles, pour mon coeur c'est la défaite J'connais cette histoire par coeur, elle n'a ni queue ni tête Moi les femmes j'les crains, autant qu'je suis fou d'elles Vous comprenez maintenant pourquoi chez moi c'est un sacré bordel J'ai pas trouvé la solution, ça fait un moment qu'je fouille Je resterais sous l'contrôle d'ma tête, mon coeur et mes couilles. |
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