[2] TOUT CECI NE VOUS RENDRA PAS LE CONGO
J’ai beau fermer les yeux, j’ai encore ces visions
De corps avachis sur le sol de la route de la perdition
Et j’ai hurlé comme après ma circoncision
Je suis entouré de fantômes ou est-ce la mort qui
fait apparition ? J’en ai pissé dans mon lit, sommeil
interrompu J’ai du mal à en parler à bâtons rompus
J’étais pris de crampes, un talon sur la tempe
À implorer que les enfants Ils ont voulu nous humilier
à travers notre descendance Que les ovaires
de nos femmes soient souillés de leurs semences
Depuis ce soir je dis que notre famille est maudite
La mort gravite autour de nous et je la sens
Après les pillages, je suis retourné au village
J’ai abandonné Lucienne, les enfants et mon pays
d’ancrage Prétextant que l’armée chassait les Kasaïns
Mais ce que j’ai fui, m’a rattrapé par un autre moyen
Preuve en est, même si le pays est divisé Mon fils
aîné de 13 ans est rentré dans une de leurs unités
Au pays de la devise et de la débrouillardise On n’a
pas attendu ebay pour faire du troc Je passe du
chantier à la cuisine, du ciment au manioc Faut
investir dans l’avenir comme dit le Front Commun
Je répare un camion pour faire dans les transports
en commun Je viendrai chez vous dès que mes
papiers seront fixés En T-shirt à l’effigie de
Lumumba Pour leur faire oublier le Che Je rêve
de jouer au loto, boire de cette bière Du temps de
l’Union Minière et du MPR Visiter votre Matongé,
chaussée d’Ixelles Donne-moi de tes nouvelles par
téléphone ou par mail Que Dieu te garde Tu
restes
dans mes prières, je t’embrasse
Ça ne vous rendra pas le Congo
J’ai reçu ta lettre, fin juin, enfin Elle m’a laissé mal en
point, mais néanmoins Je n’ai cessé d’en relire chaque
mot, chaque phrase Chaque nom, chaque détail,
chaque photo, chaque visage Est-ce un mirage, une
illusion, un hologramme ? Ou est-ce la raison qui a
rendu l’âme ? La terreur vue d’ici c’est comme la terre
vue du ciel Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Quand je pense que tu as quitté Kin, et les tiens
Qu’ils chassent notre ethnie comme les prénoms
chrétiens Ton fils, un assassin au regard de braise
Qui à 13 ans, trouve son assurance dans un M16
À 14 ans en quarantaine Ils l’ont pris pour un
sorcier car il se défonçait au kérosène En arrivant
dans l’est, il a tué par accident Un de ses cousins
en le prenant pour un partisan Putain !, l’horreur
est humaine, et l’on s’extermine Il voulait être un
sauveur, pas un soldat anonyme
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas
le Congo Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo Reproduire les
schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d’ici c’est comme la terre vue du
ciel Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Les enfants de la Libération ne jouent pas aux indiens
Ils voient l’Europe comme le far west en vain,
pour rien En attendant leur chèque de la Western
Union Elle rêve de dévaliser une délégation Disent
les pays en transition, que la guerre est une escale
Pour cet idéal, passe au plan Marshall
Le règne du Maréchal l’a laissé bancal Et disent que
l’Unesco n’aide que les pays cartes postales Au lieu
de s’affairer aux affaires courantes Car un tiers du
pays est sans courant, ni eau courante
Les guerres ethniques renforcent le statu quo Le
Congo est un terrain de stratego Pour ces pays
voisins devenus rivaux Dans le pillage de ses minéraux,
de ses lingots Et ça dégringole, le pays est sous
contrôle Et c’est pire qu’au temps de Léopold Entre
la loi de la jungle et celle des protocoles
La révolution a besoin de bénévoles Tant que
l’opinion publique abdique Le Congolais reste
le nègre de l’Afrique
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas
le Congo Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo Reproduire les
schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Tous Congolais à part entière, tous apparentés
Laissons nos différends à part, on a un pays à
remonter Pendant que les virus se donnent comme
des prospectus Les nouveaux missionnaires font
de leur Emmaüs Des petites, moyennes entreprises
Qui ne connaissent pas la crise La crédulité des gens
en guise de budget Ils investissent là où s’arrêtent
les O.N.G. Et j’admire ton courage, ton sens de
la débrouille Ton coeur est trempé dans le zinc,
il résiste à la rouille Mais cesse de croire à leurs
séances d’exorcisme Ils n’ont pas de cure contre le
paludisme Moi, je suis un géant chez les pygmées
Depuis que ma carte verte est périmée,
le noir fait déprimer La dépigmentation de la peau
laisse des séquelles Et le choc est culturel Notre
développement est à l’arrêt comme la Gécamines
Complexée par notre taux de mélanine L’intégration
passera par l’argent Mais la détermination est
le facteur déterminant
Même si l’occident a bon dos Ça ne vous rendra pas
le Congo Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo Reproduire les
schémas coloniaux Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d’ici c’est comme la terre vue du
ciel Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Avant de filer à la congolaise Je voulais revenir à la
genèse Congolais du sud, du nord, de l’est, de l’ouest
Tous Congolais à part entière, donc tous apparentés
Laissons nos différends à part Un pays à reconstruire
Le changement donne le vertige Main qui donne,
main qui dirige Évolué mais dépendant Main qui
donne main qui apprend Les frères se déchirent pour
des billets à l’effigie de Lincoln Toujours le même
cancer qui ronge sur le tropique du capricorne C’est le
règne du veau d’or Les frères noient leur esprit dans la
spiritueuse Ils croient en Dieu avant de croire en eux
(Preaching…)
Vu qu’on se perd à vivre dans le passé À regarder
la vie nous dépasser Pour peu de choses, on se sent
dépossédé Entre guillemets, entre les lignes
Ceux qui m’appellent frère sont des étrangers
Ils portent le même nom mais pas les mêmes traits
Vu de près, le portrait est gâché Entre parenthèses,
entre les lignes Arrivé avec les giboulées, juste un
pied foulé Et mes repaires sont chamboulés
Regard embué derrière ces vitres Je ne suis pas chez
moi mais juste en transit Ils m’ont accepté sans
trop de grogne Comme si j’avais été amené par les
cigognes Mais de but en blanc, j’ai fait semblant
pour éviter ces regards accablants
Bambin Tous étrangers quelque part
Chez nous nulle part Faut bien que je passe
ma route Passe entre les gouttes
J’ai du mal à me familiariser Avec ma famille
d’emprunt J’ai du mal avec les familiarités
De leur nouveau conjoint Vu qu’ils m’aiment sans
fard Leur affection me désempare, me laisse à part
On s’est quitté sans se dire adieu Et embrassé juste
avec les yeux Sans se promettre, sans faire de voeux
À demi-mot, entre les lignes Mais sans repères, si
on devient rugueux Mais sans modèle les liens sont
défectueux Et la mémoire est mon bien le plus précieux
Jusqu’à ce point, entre les lignes Ils m’ont dit
« laisse ces soucis dans le cagibi » On rêve tous d’un
père à la Bill Cosby Tu sais aussi qu’on ne choisit
pas sa famille Qu’on soit d’ici ou de Kigali Chez
nous, on s’appelle frère, cousin et oncle
Pour des raisons quelconques, tradition à la con
Ils ont eu peur d’y aller contre, peur que l’on
s’affronte Peur de porter le masque de la honte
Bambin Tous étrangers quelque part
Chez nous nulle part Faut bien que je passe
ma route Passe entre les gouttes
Retrouver de son pays dans le regard d’un inconnu
Se retrouver comme chez soi au hasard d’une
avenue Cacher sa personnalité derrière un caractère
Même si les coups reçus sont involontaires
Mon père essaye de me faire accepter le choc Mais il ne
parle qu’avec ses mains comme un ventriloque Et chaque
porte qui claque, clinche qui grince Me rappelle
comme il rince Sa colère dès que ça coince Avec mes
frères, enfance solitaire À jouer au malade imaginaire
Mais je fais semblant de ne pas entendre leurs consignes
Rester en marge pour lire entre les lignes
Bambin Tous étrangers quelque part
Chez nous nulle part Faut bien que je passe
ma route Passe entre les gouttes
Ostende transit Mais est-ce la vie que l’on mérite ?
J’ai fait de mon histoire, une destinée
Car rien n’est déterminé
J’ai traîné mon vague à l’âme L’orgueil comme briselarmes
Ma vie, une intrigue Du caniveau à la digue
Vu que nos coutumes sont pleines de contraintes
Que tu es consentante dès que tu tombes enceinte
Donc, elle assume ce lien qui la lie Et qui concilie
l’envie De retenir un homme marié et ses sentiments
ensevelis Je suis né d’un accident et ça a une incidence
Sur le cours de nos vies, sur notre existence
Est-ce une conséquence, une coïncidence Ou est-ce
la vie qui garde ses réticences ? Et si la vie nous guide ?
Ostende transit Mais est-ce la vie que l’on mérite ?
J’ai fait de mon histoire, une destinée
Car rien n’est déterminé
Le fil de la vie m’étrangle J’en ai oublié mon pays et
ma langue Vu que les années ont défilé Mais en me
voyant sur une chaîne câblée Elle s’est dit aussi qu’il a
tenu parole En m’éduquant, en me mettant à l’école
Sur la terre d’asile de son idole Au lieu d’espérer que
ça les rafistole La rancoeur jette son dévolu Sur les
enfants qui ne sont pas voulus Quand il me voit,
c’est son regard qu’il croise Et les sentiments qu’il
apprivoise Il m’a donné la chance d’avoir une autre
vie Fait preuve d’indulgence même si c’est par dépit
Même s’il le regrette en étant abject Je sais que c’est
elle qu’il rejette de façon indirecte
Ostende transit Mais est-ce la vie que l’on mérite ?
J’ai fait de mon histoire, une destinée
Car rien n’est déterminé
Je compte les faits, non pas de féeries Je suis arrivé
en bord de Meuse sans le ferry Mais on dit que
la vie ne promet que la mort Elle m’a promis la
musique et un putain de passeport Est-ce un but
ou un moyen d’être maître de son sort ? Partir avec
l’impression comme James Ensor
Que la nature humaine est morte Que les besoins
mécaniques l’emportent Entre Marvin et mon père,
il y a ce parallèle Entre le besoin charnel et
le spirituel Qui fait que dans le regard des hommes
infidèles La culpabilité joue les sentinelles
Tous quelque chose à fuir, quelque chose
que l’on évite Tous sur le départ Ostende transit
À mes heures perdues, pour tuer le temps Je refais
le monde au départ de mon banc J’ai 10 ans mais
pour eux c’est flagrant Frappant, mes troubles du
comportement Ma concentration, toujours sur le fil
La solitude comme terre d’asile Pour ne plus jeter
ma colère comme un projectile Éviter la délinquance
puérile Mais faire sentir à un gamin qu’il est différent
C’est l’obliger à se voir différemment Mais les psychologues
se trompent Si tu manques d’assurance,
on te prend pour Forrest Gump Génération Club
Dorothée Reste sur le bas-côté pour se faire dorloter
Assister mais tout peut se gâter, car tous forcés
À réussir là où les aînés ont raté
Même si un monde nous sépare, c’est pas la fin du
monde On va pas changer le monde, ce qui fait
courir le monde (J’en veux au monde entier)
Le poids du monde sur tes épaules, le poids passé
dans l’autre monde Mais si tu ralentis le pas, tu
cours à ta perte Et puis (J’en veux au monde entier)
À mes heures perdues, j’ai appris de mes conneries
Retrouver la patience comme à la garderie La vie
n’est pas une fable Le poids du monde n’est pas sur
ton cartable Je collectionne les mensonges comme
des paninis Vu que l’ennui a besoin de compagnie
Ma mère d’adoption essaye de me bercer Moi
je refuse de l’embrasser, lui tenir la main pour
traverser Je sais qu’elle ment pour me protéger Pour
que je vive le coeur léger Arrivé en premier accueil,
j’en ai fait mon deuil Mes larmes sont des trompel’oeil
Et puis, les rapports se dégradent Grave !
ça barde, et l’école m’évade Génération Atari
On se console comme on peut, donc sois pas atterré
Même si un monde nous sépare, c’est pas la fin
du monde On va pas changer le monde, ce qui fait
courir le monde (J’en veux au monde entier)
Le poids du monde sur tes épaules, le poids passé
dans l’autre monde Mais si tu ralentis le pas, tu
cours à ta perte Et puis (J’en veux au monde entier)
Celle-ci est pour la génération ringtones Vibre pour
la zone et les clichés qu’elle prône On est violent
parce que l’on a peur Tous une minuterie à la place
du coeur J’étais le petit gars de couleur avant de
sombrer Devenir le grand black prêt à te dérober
Soit, on s’affirme ou se referme Moi j’ai grandi trop
vite dans tous les sens du terme Complexé par mon
crâne d’oeuf, ma taille Mon besoin d’attention a
foutu la pagaille J’en ai voulu au monde entier
Car ma famille recomposée est encore en chantier
Et comme génération G.T.A. Mes cicatrices sont
faites au crayola Mais l’enfance est charnière
À cet âge-là, on n’a que des besoins primaires
Même si un monde nous sépare, c’est pas la fin
du monde (J’en veux au monde entier) On va pas
changer le monde, ce qui fait courir le monde (J’en
veux au monde entier) Le poids du monde sur tes
épaules, le poids passé dans l’autre monde (J’en
veux au monde entier) Mais si tu ralentis le pas, tu
cours à ta perte Et puis (J’en veux au monde entier)
Voleur de sac à main Vivre sans lendemain Voleur
de cylindrées Qui se laisse engrainer
Mais je suis malléable comme de la plasticine Un autre
gamin que la rue fascine Embobine et se laisse rouler
dans la farine Courbe l’échine ou se débine Mais
ça tient à un fil, tous de mèche On vit sur la brèche
de haine et d’eau fraîche Dans la dèche, la folie des
glandeurs prend de l’ampleur Réflexe de rôdeur
Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne en rond frérot, on
touche le fond Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne en
rond frérot, on touche le fond Car quand les liens
se défont pour une poignée de biftons frérot, on
touche le fond Car quand les soucis pèsent comme
des soupçons frérot, on touche le fond
Vendeur de poussière d’ange L’argent brûle les
phalanges Ici la connerie se refourgue Ralenti ma
fougue et mes envies de fugue Mais j’ai lâché prise
Seules les grosses coupures cicatrisent Mon malaise
et mon vague à l’âme Même si Liège ce n’est pas
Gotham Le jocker distribue les cartes Les frères
viennent comme ils partent À l’étroit dans cette
piaule Comme en taule, la liberté nous frôle
Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne en rond frérot,
on touche le fond Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne
en rond frérot, on touche le fond Quand les liens
se défont pour une poignée de biftons frérot, on
touche le fond Quand les soucis pèsent comme des
soupçons frérot, on touche le fond
Je suis au bord du gouffre Donne-moi de l’air, frérot,
je suis à bout de souffle Je suis au bord du gouffre
Donne-moi un break, frérot, je suis à bout de souffle
Les plus aigris flanchent Entre 4 murs ou 4 planches
Ils se rétractent ou se retranchent Ils ont pris mon
tournevis Pour une arme blanche J’ai agi avec
violence Là où les vrais avancent en silence Je nous
croyais comme le suprême: indivisible Mais tirer
vers soi, c’est irréversible Vu que chacun pour soi,
tous pourris Par temps de pénurie, vu quand théorie
La parano remplace l’instinct Laisse aucun numéro
sur ta carte sim Sépare les affaires de la famille
intime Ta planque de ta piaule en des lieux distincts
Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne en rond frérot, on
touche le fond Vu qu’un milieu ainsi, ça tourne en
rond frérot, on touche le fond
Le temps est suspendu comme en hors saison
À l’heure d’été, on vit la réclusion Le fil des jours est
tendu comme l’horizon On se dit que tout arrive pour
une raison Août 97, c’est la disette Du riz aux sardines
dans mon assiette Je sens la fin du mois venir 6 jours
sur 7 Donc, si tu rouspètes, tu baignes dans la défaite
J’ai pris ma destinée à l’arrachée Pour m’y retrouver, je
me suis détaché Ce mois-ci, la bourse d’étude a payé le
loyer J’ai poussé le bouchon, essayé de noyer Ce poison
mais rien ne flotte mieux que le spleen Vu que l’espoir
décline, fils indigne Qui se résigne quand les journées
se rallongent, c’est un signe car
En passant à l’heure d’été La nuit m’a pris de court
et j’ai sombré Cette vie finit comme un fait divers
Donc j’espère que le ciel nous tempère
Ciel couvert comme une chape de béton Pour les
rejetons, c’est bas de plafond Non pas instruits, juste à
l’intuition À trop s’exposer, on risque l’insolation Mais
à 18 ans, les soucis sont majeurs Quand ont vit accroché
à son biper Ce train de vie m’a dévié, mal aiguillé
À me bousiller pour du billet, mais ça y est Dans la rue
ça chuchote, puis se chahute Comme au bahut, ça part
tous azimuts Ici on fuit quand on voit les sirènes En se
disant que la liberté, c’est une putain d’aubaine Mais
pour excuser mes absences Je m’invente un job de
vacances Mais septembre n’est pas loin Et tout ce qui
rentre nous ramène au même point
En passant à l’heure d’été La nuit m’a pris de court
et j’ai sombré Cette vie finit comme un fait divers
Donc j’espère que le ciel nous tempère
Sous le soleil on vit par procuration Puis arrive l’avis
d’expulsion Ça en devient ma seule préoccupation
Mon obsession jusqu’à la convocation Juin 99,
juste avant le bug Je baigne dans le bluff et la justice
m’aveugle Pendu aux lèvres de ce procureur Le sort
qu’il me réserve est en ma défaveur Ça m’a laissé sans
voix, et puis j’ai fait appel Deux fois pour rien, pour
des bagatelles La justice aime la transparence J’ai
insisté jusqu’en première instance Depuis chaque été,
j’appréhende Les recommandés comme des réprimandes
Les retours d’impôts, rien n’est impossible
Même les signes du temps sont imprévisibles
En passant à l’heure d’été La nuit m’a pris de court
et j’ai sombré Cette vie finit comme un fait divers
Donc j’espère que le ciel nous tempère
Septembre… Réconcilie en moi Ses rancoeurs de
longue date, qui ont laissé des stigmates Sur mes
mauvais choix Septembre… À tout chamboulé en
moi Je viens mettre fin à cette vie sans mettre fin à
mes jours Sur mes mauvais choix
Septembre… Qu’est-ce qu’il reste en moi ? Car les
querelles domestiques m’ont laissé aux abois M’ont
rendu lâche, horizon bringuebalant Car l’appel
de la rue n’a pas d’équivalent Quand j’ai claqué la
porte, j’avais 16 ans Et par paresse, j’ai laissé mes
études en suspens L’autorité me désempare Je suis
entre 2 mondes comme Gibraltar
Septembre… À l’école du tournevis On te fait croire
que le monde est un self-service Mais la paresse me
persuade Mais quand Fouad a pris 5 ans, ç’a été une
douche froide Il m’écrit de sa cellule qu’il regrette ses
maladresses Que son ex a balancé aux flics son carnet
d’adresses Depuis qu’elle baise avec ce type d’Herstal,
d’une bande rivale La CC l’a rendue vénale
Septembre… Réconcilie en moi Ses rancoeurs de
longue date, qui ont laissé des stigmates Sur mes
mauvais choix Septembre… À tout chamboulé en
moi Je viens mettre fin à cette vie sans mettre fin
à mes jours Sur mes mauvais choix
François est retourné au Mali Sans diplôme mais
le sang plein d’anomalies Avec Lucien on se croyait
loin de tout ça Il est parti chercher de la mat du
côté de Casa Il n’en est jamais revenu, on ne s’en est
jamais remis Ce texte est décousu pour ne pas que
la cavalerie S’en serve de pièce à conviction ou de
déposition C’est juste un collage d’impression
Septembre… Le mois des résolutions Car les
remords sont rentrés ici par effraction maussade,
quand vient mon anniversaire Vu que je compte les
années par calendrier scolaire 5 ans partis en fumée
à mâcher la poussière Sans fermer les paupières,
guetter le témoin oculaire À enfoncer des verrous et
des portes ouvertes À me rapprocher de ma perte
Septembre… Réconcilie en moi Ses rancoeurs de
longue date, qui ont laissé des stigmates Sur mes
mauvais choix Septembre… A tout chamboulé en
moi Je viens mettre fin à cette vie sans mettre fin à
mes jours Sur mes mauvais choix
Septembre… Me ramène à la petite enfance
Connaître ma date de naissance, c’est une putain de
délivrance Et en lisant tes mots, j’ai chialé comme
un môme Ça m’a aidé à mettre des noms sur ces fantômes
Qui me hantent et me tourmentent Ma vie a
des allures de brocante Mes sentiments sont usés, ils
sont de seconde main Papa nous a lâchés sans qu’on
lui force la main On en est venu aux mots, on en est
venu aux mains J’ai besoin de ton soutien pour mon
maintien Ceux qui ne savent pas se défendre ont des
larmes dans la gorge Et dans la lâcheté se logent
Je déteste voir les gens pleurer Mais je me suis
endetté Pour me retrouver tout seul à chialer dans
Manhattan Voir Jay-Z au Madison Square Ça m’a
rappelé les fondements que la passion servait d’équerre
À accepter les émotions, en parler ça soulage
Mais pour t’aimer ici j’ai encore un blocage Même si
je le planque, je suis à découvert comme à la banque
Ça me flanque la trouille, mes amis me manquent
Un vide immense comme au temps de l’internat
On se sent abandonné et livré à soi On vend, on coupe,
on danse avec des loops J’étais le couillon de ma
bande mais le leader de mon groupe Un canif dans la
doublure et la rime baladeuse Je suis resté éveillé en
la mettant en veilleuse En attendant septembre…
Ce couplet est coupé à peau et à sang Pour sceller
mon sort de ressortissant Vu que nos droits ici sont
bannis Vu qu’ils nous chassent comme dans le Mississippi
Encerclé par les circulaires et les formulaires
Repli sécuritaire de république bananière Mais la
double peine fait double emploi Leurs doubles jeux
ne m’ont pas laissé le choix Mais mon visa d’étude
n’est pas valable Vu que ma demande ici est irrecevable
Donc peu de chance qu’ils me régularisent
L’idée de tout quitter me dépayse Celle de tout
perdre, perdre mes repaires Je suis un étranger des
deux cotés de la frontière Donc, j’espère
C’est le son des repris de justesse Ils le savent,
ils le savent La terre promise ne tient pas
ses promesses Et j’en crève, et j’en crève C’est le son
des repris de justesse Ils le savent, ils le savent
Dès qu’on arrive, on est des prévenus Si t’es pas
au courant, c’est parce que c’est prévu
Pamphlet gonflé à la Michael Moore Je suis prêt
à morfler pour une carte de séjour Vu que les
ministres jouent les Julien Courbet Héberger un
illégal, c’est un des 7 péchés Dans la capitale,
on vit sous le manteau À confondre une église et
un petit château Ils disent qu’on est des hommes
libres et égaux Mais la réalité est loin de ce
portrait robot Pourquoi se voiler la face, jouer les
Tom Sawyer En attendant le retour du Seigneur
Vu que les officiels gardent ça officieux Parlent
comme des logiciels en cas de contentieux Si tu
viens pas des émirats au-delà des quotas Tu finis
comme Semira donc dans ce cas Alors pourquoi
démarcher, faire la file au guichet Car, tous
fichés, tous recherchés
C’est le son des repris de justesse Ils le savent, ils le
savent La terre promise ne tient pas ses promesses
Et j’en crève, et j’en crève C’est le son des repris de
justesse Ils le savent, ils le savent
Dès qu’on arrive, on est des prévenus Si t’es pas
au courant, c’est parce que c’est prévu
Réveil brutal, j’entends crier Levé du mauvais pied,
mon lit est un guêpier 2 sbires en uniformes, un
nerveux en civil Et mon kot ressemble à une scène
de vaudeville Le petit nerveux joue les Charles
Bronson Du poignet me questionne et dit que ma
patronne N’a pas de permis de travail à mon nom
comme ils le veulent Je veux répondre, il me dit :
« Ferme ta gueule On te ramène d’où tu viens, sale
bougnoule » C’est juste en arrivant au centre que je
m’écroule Quand ils m’ont dit que je partais le 26
Et que mon ex ma sauvé in extremis Qu’elle se porte
garante de la prise en charge Preuve d’amour pour
une demande en mariage Mais ça, c’est le thème du
morceau suivant Vu qu’auparavant, tu comprendras
que c’est navrant Je suis un détenu qu’on appelle un
résident Et les matons ici, sont des aides soignants
Le système est malade, mais je reste lucide Car leurs
décrets ont l’effet d’un pesticide Pour que l’on reste
sur la touche ou derrière la ligne De tirs au but, ces
tirs aux flancs m’indignent Leurs solutions puent
le renfermé Nos pro deos sont mal informés Ils le
savent, ils le savent, ils le savent
Teach me how to fall in love
Want you to touch me baby
Ça y est ! Une interruption s’impose Un coup de
gaz dans ce rap à l’eau de rose Mais pour lui un
coup d’un soir, pour elle un coup du sort Comment
s’en sortir quand les liens se détériorent ? On
s’est rapproché sur un collé-serré Quart d’heure
américain façon congolais Tu joues avec le feu et ça
me donne l’eau à la bouche Mais quand j’ai voulu
me tirer, tu as joué cette cartouche Il y a des points
d’interrogation dans tes « je t’aime » Des fois, la
vérité parle d’elle-même Mentir ne sert à rien et puis
ça me fout le blues De faire de toi une mère, mais
pas une épouse Regards éberlués quand le testeur
vire au bleu Trouver une raison pour qu’on reste
ensemble Certains se créent des problèmes, d’autres
s’en inventent Quand tu m’as dit avoir une tombe
dans le ventre Je me suis senti coupable et misérable
Incapable de t’aimer après l’inconcevable
Give me a chance give me a chance
don’t want a distance Teach me how to fall in love
Want you to touch me baby
Déjà, il y a les gestes qui ne trompent pas
Des regards qui ne trichent pas Des mots maladroits
Mes « je t’aime » attendent une réponse Savoir si tu
y renonces Si tu es sûr de toi Des « je te rappelle »
qui veulent dire adieu Pour être parents, il faut être
deux Les remords nous dévorent
Pour savoir qui a raison, qui a tort
Want you to touch me baby Teach me
how to fall in love Want you to touch me baby
On se moquait des gens qui restaient ensemble par
habitude Même si tout les oppose, par
peur de la
solitude Donc, par définition, tous les couples sont
mixtes C’est qu’à travers le compromis qu’ils existent
Tu m’as piégé avec tes putains de chantage Comme
un con j’en ai oublié mes protections d’usage Hormis
le sexe tout laisse à désirer Quand la passion devient
une obsession et l’amour de la charité Donc j’ai refusé
froidement De donner mes sentiments contre un
mariage blanc Mais une histoire de cul, une histoire
de chiffons Une histoire de papiers rangés avec les
torchons On est des faiseurs d’ange qui se brûlent
les ailes À rêver comme dans les Sims d’une famille
en pixel 300 euros pour se racheter une conduite
300 euros pour que l’on prenne la fuite
Teach me how to fall in love
Want you to touch me baby
Mes rimes sont des polaroïds, des instantanés De
souvenirs trop saturés, mon coeur est surexposé Je
ne vois que le néant même en contre-plongée J’ai
mal visé, mal cadré, trop de clichés, trop de déchets
Tout reste flou malgré les mises aux points Devant
l’objectif, que des regards en coin Il est temps de se
réconcilier avec son passé Retrouver ce que la folie
nous a dévalisé (Hotel Impala) Pris pour cible dans
les émeutes Comme tous les lieux de privilèges, mais
comment rester neutre ? En temps de guerre civile,
tout se précipite Une victoire pour le peuple est pour
mon père une faillite Il compare les épreuves de la vie
à des jeux de fortune Et sa condition le répugne Le
passé est un débarras où tout vole en éclats Je viens
reconstruire ces liens brisés par les aléas
Hotel Impala La vie et ses aléas Hotel Impala
Les souvenirs défilent comme des dias Dis-leur que
les moins brillants ont viré sépia Que le négatif
brûle nos vies de parias Qui croulent sous les rappels
et les pro justicia Esclaves des sociétés de prêts
sur gages Qui banalisent l’endettement et nous
prennent en otage Sur le qui-vive, la défensive, la
paranoïa Nous ronge de l’intérieur comme un ténia
On ne s’est jamais senti pauvres, mais seulement
démunis Comme si la chance nous avait faussé
compagnie Autant de points de vue que de points
de divergence Mais l’argent n’a jamais remplacé ta
présence Comme lui, je fuis au lieu d’assumer mes
échecs Mon bonheur en hypothèque, le doute m’affecte
Laisse le remords et l’embarras du côté de Zola
Et à partir de là, remettons les choses à plat
Hotel Impala La vie et ses aléas Hotel Impala
Comme mon père, je suis solitaire, plein de mystère
L’affectif passe après ma carrière Parfois mon opinion
se volatilise Par peur des conflits, je manque
de franchise J’étouffe mes sentiments, j’intériorise
Mais tant que la musique me temporise Je ne serai
jamais ce criminel que j’aurai pu être Qui a voulu
remplacer celui que tu n’as cessé d’être L’un comme
l’autre, nous serons toujours les mêmes Tant de mal
à accepter d’être nous-mêmes Chaque crime est une
brique pour construire ce bâtiment Le pardon est
le ciment, l’amour, le fondement Ravaler la façade
comme on ravale son orgueil Tomber les barricades
en franchissant le seuil Dans le film de ma vie,
tu tiens le rôle-titre Fin de ce chapitre, le doute
s’infiltre Et je boxe avec mes paradoxes Même si
parfois, je m’y perds Ta présence me manque mais
ton absence me tempère
[12] DE L'AUTRE CÔTE DE LA MERE
De l’autre côté de la mère Mais la peur me traverse
à l’idée d’y aller Où j’arrive… De l’autre côté de la
mère Loin de mes certitudes, loin de la terre ferme
Où j’arrive… De l’autre côté de la mère Mais la
peur me traverse à l’idée d’y aller Où j’arrive…
De l’autre côté de la mère… J’ai perdu pied
en touchant le fond du problème
Avant de prendre le large Je voulais saluer ton
courage, te rendre hommage 8 gamins à charge,
ç’a de quoi plomber Comme condamnée au congé
de maternité T’as repris tes études, là où je les
ai abandonnées Preuve qu’à 30 ans, la vie peut
recommencer Que tu n’es pas que la remplaçante de
ta soeur Car comme elle, tu es unique, comme elle,
tu es exemplaire Mais il compare les femmes à des
demeures toi, tu es une résidence secondaire, ma
mère une garçonnière Derrière le mot « coutume »
tout se justifie Il a pris ton innocence avec ton nom
de jeune fille Mais ton dévouement s’appelle du
don de soi Donc sans remettre ici en cause ta foi Ce
Seigneur que tu implores, en fait il est en toi Le seul
qui entend tes prières, le seul en qui tu crois
Mais la peur me traverse à l’idée d’y aller Où
j’arrive… De l’autre côté de la mère Loin de mes
certitudes, loin de la terre ferme Où j’arrive…
De l’autre côté de la mère Mais la peur me traverse
à l’idée d’y aller Où j’arrive… De l’autre côté de
la mère… J’ai perdu pied en touchant le fond du
problème… De l’autre côté de la mère De l’autre
côté de la rive De l’autre côté de la mère Tout part à
la dérive Quand la vie nous prive de repères
J’imagine la mère tellement paisible Qu’elle se
confond avec le bleu du ciel J’imagine la mère
imprévisible Sous forte dépression comme le ciel
Moi le fils au pair déboussolé Sans aucun repère sur
la terre mère Je connais des tas d’autres cas isolés
Qui ont voulu donner chair à leurs chimères
Mais la peur me traverse à l’idée d’y aller Où j’arrive…
De l’autre côté de la mère Loin de mes certitudes,
loin de la terre ferme Où j’arrive… De l’autre
côté de la mère Mais la peur me traverse à l’idée d’y
aller Où j’arrive… De l’autre côté de la mère… J’ai
perdu pied en touchant le fond du problème…
De l’autre côté de la mère
Le courage de partir me manque alors j’ai jeté l’encre
Comme si j’avais quelque chose à me convaincre
Depuis que cette lettre a fait apparition A renforcé
mes sentiments pour ma mère d’adoption Moi le
gosse qui volait dans son sac à main Falsifiait sa
signature dans ses bulletins À mentir pour un rien,
patience volatile Elle m’a donné des valeurs indélébiles
Quand en tant que noir, on doit bosser 3 fois
plus Que notre avenir est dans la Bible ou dans
les syllabus Qu’on ne sera jamais égaux, même à
compétences égales Que si la liberté a un prix, c’est
celui du minerval Vu d’ici, l’Europe est un port de
plaisance Où les porcs se dépensent le coeur à la
place de la panse Mais c’est franchement caricatural
Comme les conseils des assistants sociaux Sur les
familles monoparentales Celui qui reste, tient les
2 rôles primordiaux Comme dos à dos
Mais la peur me traverse à l’idée d’y aller
Où j’arrive… De l’autre côté de la mère Loin de
mes certitudes, loin de la terre ferme Où j’arrive…
De l’autre côté de la mère Mais la peur me traverse
à l’idée d’y aller Où j’arrive… De l’autre côté de
la mère… J’ai perdu pied en touchant le fond du
problème… De l’autre côté de la mère De l’autre
côté de la rive De l’autre côté de la mère Tout part à
la dérive Quand la vie nous prive de repères
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?
Mais est-ce la fin, faute de moyens ? Je suis complice
juste en étant témoin J’ai beau fuir à coups de
faux-fuyants À faire semblant dès que c’est contraignant
Qu’il a kidnappé ton innocence Étouffé ses
remontrances Démenti son cas de démence Bouffé
par ses manigances Et moi je suis lâche, j’ai eu
froid aux yeux Et le vent balaye mon courage trop
frileux Mais est-ce les liens qui rendent les rapports
sanguins ? Violents et brûlants, vu que le seul gain
C’est de détruire sa dignité Ruiner son intimité
pour l’éternité Vu que l’éternel n’est pas seul juge
Le pardon n’est qu’un refuge
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous en somme ?
Mais la nature humaine est forcément bête
(Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?)
J’ai payé mon dû malgré le mal que l’on me prête
(Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?)
Mais est-ce la fin ou le commencement ? Quand
t’atterris en établissement Et pourquoi j’hésite à te
rendre visite Car ça me confronte au mal qui m’habite
J’étais là ce jour où en dernier recours T’essayas
en vain d’y couper court Enfance sacrifiée, enfance
scarifiée Retournons à la source pour tout clarifier
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous ?
Où en sommes-nous ? Où en sommes-nous en somme ?
Si la vie est un poids, l’espoir chétif Que la peur gagne
le manque affectif Mais les lendemains ont tenu
promesse Si tu veux lui rendre la monnaie de sa pièce
Ça ne fera que deux vies fauchées, deux vies gâchées
Deux vies entachées Mais vais-je trop loin ? Est-ce que
j’ai tort ? Mon manque de pudeur va causer du tort
Pardonne-moi Jacqueline
[14] LIEGE BRUXELLES GAND
A. Point de chute
Mon point de départ, mon point de chute Liège
me contient, me rapproche de mon but Mon point
de départ, mon point de chute Liège
L’histoire débute sur les hauteurs de Cointe J’ai appris
à manier la rime comme une arme de pointe Les
bancs de Saint-Maur m’ont servi de tremplin Cancre
à temps plein, au futur incertain J’ai découvert la
poésie en récitant des poèmes de Maurice Carême
L’estrade en guise de scène Parfois du haut de ma
colline T’as l’impression que les nuages dégoulinent
« Partout où je vais c’est Liège que j’amène » Chaque
fois que les portes du hall omnisport étaient closes
On traînait dans le parking où les mecs ont buté Cools
Le dos au mur à faire le pied de grue Mais j’ai tremblé
le soir de ma première garde à vue L’adolescence prend
racines dans le Carré On tourne sans un rond, l’air
tout égaré Place Cathédrale, station balnéaire Rien à
voir, rien à faire, si ce n’est chasser l’ordinaire
Mon point de départ, mon point de chute Liège
me contient, me rapproche de mon but Mon point
de départ, mon point de chute Liège
Comme les Italiens avant nous, le racisme se
refourgue On est les seuls négros dans ce quartier
de bourges Ils appellent ça de la discrimination
positive Mais à l’époque, c’était une exception, un
fait d’archives Liège, ma petite Sicile Où l’horizon
se cache derrière des terrils Mais les nonos ont le
teint de cendre Des fossettes dans les paumes, la
relève se fait surprendre
« Partout où je vais, c’est Liège que je laisse » Il neige
sur Liège des flocons d’alu Sur le nez des élus, l’héro
suit sa plus-value Dans l’autre capitale des travaux
inutiles Les stewards se prennent pour des flics en
civil Les subsides vont à l’opéra, culture du privilège
Pendant que les MJC remplacent les collègues
À Liège pas grand-chose à voir, si ce n’est des gens
uniques Comme ceux de chez Caroline Music
J’ai laissé un peu de moi rue de l’Université Pas
juste des amendes et des lettres d’huissier Même si
tous les chemins mènent à des plans inclinés
Tu peux pas décliner notre sens de l’hospitalité
Liège me contient, me rapproche de mon but
Mon point de départ, mon point de chute Liège
Liège a du mal à assumer la réussite Pour moi,
le disque d’or c’est comme ramener le titre Dans
cette ville qui refroidit tes ardeurs Comme si on devait
d’abord trouver la reconnaissance ailleurs, c’est
le cas de Starflam, autre sujet volumineux Dont on
reparle dans le volume deux
B. Capital(e)
Bx, Bx, Bx Capitale Tous s’arrêtent ici le temps
d’une escale Bx, Bx, Bx Centrale Changent de ligne
de vie ou d’idéal Tous dans le même compartiment
La ville joue sur le comportement De la Bourse à
la Cage aux Ours C’est la bourse ou la vie, la pénombre
fout la frousse Les renois s’appellent « hazé »
entre eux Les Flamands s’appellent « kardesh » entre
eux Et au milieu des deux, la ville transpire De part
en part, comme du peer to peer Rogier devient la
plaque tournante Où les zoneurs sont des bandes
passantes La Monnaie comme moteur de recherche
Le serveur est H.S. et le biz monte en flèche MC à
haut débit sans structuration Ils ont tous des labels
mais pas de distribution Ça se disperse comme des
flyers Ça tergiverse pour de l’antenne à Reyers Cesse
de croire que Emi est l’ennemi Mais apprends la
différence entre une famille et une compagnie Le
statut d’artiste, c’est la carte vipo Et les dj’s sont des
stars en mixant sur serato De fiche en aiguille, je
brode Fullmode, fournis le dresscode Trop de coup
bas sous la petite ceinture Trafic au ralenti comme
des procédures L’histoire est masquée comme à
Tervuren La haine gagne les accords de Schengen
De Boniface à Schuman, ça pue l’amiante Les
parlementaires font des tournantes Dans ce pays
succursale Même pour la Flandre, Bx est capital
C. Perdu dans la traduction
À Gand, on est tous en provenance D’une autre
province Même si c’est provisoire Un coup de la
providence Nederkouter me va comme un gant
Sans lien de parenté apparent Même si c’est dit juste
en passant Tous trahis par notre accent Dès que l’on
apprend une langue étrangère On parle tous petit
nègre Chaque commune a son dialecte Sa façon
de prononcer les lettres Aux infos, ils mettent des
sous-titres Pour comprendre les gens de Tielt, de
Kapellen ou de Hasselt En flamand dans le texte
…Perdu dans la traduction
…Perdu dans la traduction
Sinon sa haine est mesquine Elle a le regard d’un
skin Le sourire d’un diplomate Et des manières
d’aristocrate Des promesses comme des slogans
Politique de brigands Mais ce n’est pas un vote
sanction Mais le peuple prend position Vois la
Flandre comme Monaco Sans rocher, ni braqueurs
manchots Ni trône wallon Qui avec les Pfaff font
doublon À tirer sur la corde Dès la gare de Vilvorde
Ont bâti sur des cendres La république de Flandre
…Perdu dans la traduction
…Perdu dans la traduction
Big au Japon, big en Flandre Bide sans nom, biz
à prendre Pays bocal ou le local S’exporte mal, hors
festival La Flandre s’est créée un panel de stars
depuis Coco Flannel « nog choco… » En flamand
dans le texte Du temps du « Belmondo » Du « 69 »
au bar du « Bardot » Je venais décharger ma colère
sourde Puis j’ai eu le coup de foudre Différent sous
tous rapports Familier autant qu’étrange Avant elle,
j’avais des rapports Avec elle, j’ai des échanges
Notre couple est un triangle Que la fausse note
épingle On dit que l’amour est aveugle Dans mon
cas il est trilingue L’anglais nous prend au mot
Un raccourci pour dire « je t’aime » « je comprends
rien de knots » En français dans le texte
I’m going home to be with my mother I’m going
home to see my dear old dad I’m going home to see
my sister I’m going home won’t my brother be glad
Je reviens à Lubumbashi Shaba Entre le jour du
seigneur et le sabbat J’écris pour effacer, la musique me
délivre Pour retrouver mon pays au visage de cuivre
Marvin Gaye n’est qu’une excuse Car sans musique,
ma vie est confuse Je ne veux ni choquer, heurter ou
blesser Ceux qui m’ont aimé pendant toutes ces années
‘cos I’ve been so ’lone since I begin to roam
I never shoulda left home, thought I was grown
Now I see what it mean to me I’m going home
to see my mother I’m going home to be with
my old dad I’m going home to see my sister
I’m going home won’t my brother be glad
Des fois, je me dis, vaut mieux ne pas savoir Même
si il y a 2 versions à chaque histoire La mienne est
pleine de bribes, cassée comme mon timbre Un long
courrier nous sépare de la zone libre Ce qui différencie
l’innocent de la victime Le moment opportun de
l’opportunisme Mais avant ça, je n’aurai jamais été
prêt À rencontrer mes frères 25 ans après
I’ve been so ’lone since I begin to roam
I never shoulda left home, thought I was grown
Now I see what it mean to me I’m going home
to see my mother I’m going home to see my dear old
dad I’m going home to be with my brother
I’m going home
I’m going home… Nakuenda Kwa baba yangu
Nakuenda Kwa mama yangu
Honte pour un Muluba Parle pas le tchiluba Connais
rien de ma tribu, c’est ardu Mais je suis un blanc aux
cheveux crépus Qui plane, traîne, peine, cherche C’est
la panne sèche Bounty abruti Au rêve inabouti…
Entre utopie et fantaisie Miné comme Kolwezi
Le peuple a choisi Dans la frénésie Le futur se
conjugue comme l’imparfait Nos chefs sont coutumiers
du fait Mais la fin justifie les moyens
Les moyens se monnayant Le Congo est un
terrain de jeu À l’état moyenâgeux…
J’ai du mal à accepter mon nom Sa signification
Une part de moi dur à porter Baloji veut dire
sorcier Liée aux forces occultes Trop vite à l’âge
adulte J’ai peur des envoûtements, des châtiments,
des enchantements Au sombre dénouement
Même si j’ai peur pour ma vie Partir incompris
j’accomplis Même si c’est compromis Je me vis
à des hologrammes Mais la voix c’est le reflet de
l’âme Du bout des lèvres La vie est brève Pays
d’emprunt, teint aux yeux brun Porte le parfum,
d’un rêve défunt Passé commun propre à chacun
Hotel Impala volume 1 Ne ressemble à aucun genre
défini Disque ovni, auto-bio-phonie Ça vient des
tripes, la peur me crispe Roman sans script au sens
strict Le doute s’éclipse, la haine s’agrippe Même
si j’ai menti, triché et volé Même à tes côtés, je me
sens seul Putain ! Il manque une pièce au puzzle Je
planque mes maladresses Forces et faiblesses Sans
le ressentiment dans le battement Plié en 4 Au 5e
acte sur du 6-8 coup de sang neuf Je viens payer
mon dû, né d’un malentendu Je reviens te dire qu’il
ne se passe un jour Sans que je ne pense à toi